A l’écoute de la génération Y : Denis Courtiade à l’Institut Paul Bocuse (Rhône)

En mars dernier, Denis Courtiade, maître d’hôtel du restaurant Alain Ducasse – Plaza Athénée, était invité à l’Institut Paul Bocuse d’Ecully pour intervenir dans le cadre de la semaine de l’excellence, organisée chaque année. Il est intervenu devant deux classes de 2ème année de Licence Professionnelle en Management International Hôtellerie et Restauration. Cinquante élèves de 20/25 ans ont réfléchi à la question qu’il leur avait soumise :
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Quelles ont été et quelles sont les motivations qui vous ont poussés à faire carrière dans nos professions d’Hospitalité et de Service ?
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« Je souhaitais par cet exercice, et après 25 années de carrière professionnelle comprendre les motivations de cette fameuse Génération Y afin de mieux l’accompagner. Je me rends compte que mes motivations de départ sont proches des leurs, mais je me rends également compte que cette génération est beaucoup plus terre à terre, qu’elle a besoin d’être rassurée et qu’elle est moins téméraire et carriériste que les professionnels de ma génération, » nous explique-t-il ensuite.
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Denis Courtiade s’interroge en effet sur l’évolution des métiers de la salle. Comment accueillir la jeune génération sortie de l’école ? Et surtout, comment imaginer avec elle l’accueil du restaurant de demain ? – Car le restaurant change … et le « c’est comme ça et pas autrement » ne peut plus avoir cours.  De ce point de vue, les professionnels de l‘hôtellerie-restauration, riches d’une longue expérience, ont tout intérêt à communiquer avec la nouvelle génération, qui rejoindra l’univers du travail très prochainement. : si elle remet en question le rapport au travail, elle est à l’image de son époque et de la société dans laquelle elle grandit. Ses réflexions doivent être source de remise en question pour les professions de la salle, donner à réfléchir à ce que pourrait être travailler et vivre le restaurant.
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Voici une synthèse des réponses des élèves de l’Institut Paul Bocuse sur leurs motivations  à rejoindre dans les professions de l’hôtellerie-restauration …
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– « C’est avant tout une profession passionnante dans laquelle on peut s’épanouir » ;
– « Il y a le plaisir du contact avec les clients, de découvrir de nouvelles clientèles d’origines et de cultures diverses : être au service de la personne, créer un moment heureux, être acteur, innover, et pouvoir apprendre tous les jours » ;
– « Il y a aussi une part stratégique dans ce choix, une certaine sécurité de l’emploi, car les métiers de bouche manquent de bras. Les offres d’emplois sont toujours en forte progression ».
– « Nous sommes motivés par ces métiers de service car ce sont des métiers d’avenir où le contact avec le client est essentiel. Nous recherchons un travail d’équipe, un métier où de vraies valeurs professionnelles animent les collaborateurs : fraternité professionnelle / rigueur / partage / effort / réconfort / tutorat / reconnaissance / respect … »
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– « Aujourd’hui, nos deux priorités sont : la sécurité de l’emploi et la possibilité d’exprimer notre passion professionnelle…
1/ La sécurité de trouver et conserver un emploi : les métiers de l’hôtellerie et de la restauration assurent un travail à vie, car ils nécessitent une main d’œuvre importante. Les offres d’emploi sont nombreuses. De plus cette profession nous permet aussi de pouvoir toujours réorienter notre parcours professionnel, car elle offre des passerelles inter-métiers : de l’hôtellerie à la restauration, du terrain à l’administratif, des différents standings et gammes d’établissements, de la multitude de grades et de fonctions… C’est pour une grande part d’entre nous un fait très rassurant que de savoir que notre profession ne disparaitra pas.
2/ La passion : les métiers de l’hôtellerie et de la restauration demandent une réelle motivation pour faire face aux contraintes horaires (coupure / horaires décalés / travailler tôt et tard / repos en semaine…). Nous sommes également loin du schéma classique de la vie de famille, nous redoutons d’avoir à faire des choix sur l’importance des priorités… Sans passion, il n’est pas possible d’exercer notre profession.
3/ Il faudrait aussi évoquer la possibilité de voyager … »
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NOTES 
Le terme génération Y désigne les personnes nées entre 1980 et le milieu des années 90. L’origine de ce nom a plusieurs attributions. Pour les uns, il vient du Y que trace le fil de leur baladeur sur leur torse, pour d’autres ce nom vient de la génération précédente, nommée génération X ; pour d’autres encore il vient de la phonétique anglaise de l’expression Y (prononcer wai), signifiant « pourquoi ». D’autres termes équivalents existent, dont « enfants du millénaire » ou les diminutifs « GenY » et « Yers ». Les américains utilisent également l’expression « digital natives » ou « net génération » pour pointer le fait que ces enfants ont grandi dans un monde où l’ordinateur personnel, le jeu vidéo et l’internet sont devenus de plus en plus importants et accessibles. Certains parlent plutôt de la « génération C. »

L’usage de la notion de génération est consensuel en démographie mais pas dans les autres sciences sociales. Le lien entre appartenance générationnelle et comportements est controversé. Le succès de la notion de génération Y dans les entreprises prend appui sur le déphasage entre les besoins et attentes des jeunes de la génération Y et le mode de fonctionnement de l’entreprise. Le fossé générationnel s’expliquerait par une accélération du changement, une hiérarchisation différente dans les transmetteurs de valeurs. L’Église, l’armée voire la famille seraient moins influents que ne le seraient l’Internet, la télévision et les réseaux relationnels. Comme l’affirme Pascale Weil dans son ouvrage Tels pères… quels fils, les pairs seraient devenus plus importants que le père. Mais ces aspects sont contestés par les scientifiques qui ont étudié le phénomène…

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Une réflexion au sujet de « A l’écoute de la génération Y : Denis Courtiade à l’Institut Paul Bocuse (Rhône) »

  1. Ping : « Les professionnels du service sont les messagers, les passeurs et les ambassadeurs de la cuisine au restaurant », Denis Courtiade, co-fondateur de l’Association Ô Service. | Vivre la restauration

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