« L’école devrait permettre à chacun de devenir autodidacte », Frédéric Aubreton, directeur CFA des 13 Vents, Tulle (19).

Il y a quelques mois, dans un entretien avec Frédéric Aubreton, nous vous proposions de découvrir la pédagogie spécifique mise en place au CFA des 13 Vents, à Tulle. Dès le mois prochain, trois élèves de ce CFA nous feront partager mensuellement leur parcours d’apprentissage.

En guise d’introduction, nous avons voulu vous présenter une initiative propre aux 13 Vents. Frédéric Aubreton, directeur du CFA, nous parle ainsi d’une solution imaginée par le CFA, pour améliorer les outils (fiches navettes, document de liaison) utilisés jusqu’alors.

« L’équipe pédagogique expérimente depuis 2010 une pédagogie construite sur l’accumulation par l’élève de «preuves» de ses acquis et de son expérience sous forme de classeur. Cette accumulation est enrichie par les professeurs, le maître de stage et surtout par l’élève lui-même.

D’abord initiée par le pôle hôtellerie-restauration de l’établissement, cette approche prometteuse a été étendue à l’ensemble des métiers et pour toutes les classes de première année depuis la rentrée 2012.

Le but est simple : plus que sanctionner le parcours en CFA par des notes, formateurs et élèves passent un contrat pour acter et compiler dans un classeur ce que sait l’élève, ce qu’il a réellement acquis en cours théorique, en entreprise mais aussi dans sa vie de tous les jours.

Tous les formateurs de notre CFA souhaitent apprendre à faire la preuve de la compétence, ce qui est une manière d’apprendre à apprendre».

Nous avons également rencontré Jany Barrière responsable de l’unité CRAF (Centre de Ressources pour l’Accompagnement à la Formation) qui nous a expliqué comment ce classeur, baptisé « Classeur d’Incubation de Connaissances et de Compétences (Ci2C) », était utilisé :

«Le but est que le jeune se l’approprie et qu’il puisse accumuler tous les éléments de sa vie d’apprenant mais aussi de citoyen. Tout se qui nourrit l’élève, qui lui permet d’apprendre peut être compilé dans ce classeur. C’est un outil de traçabilité de la formation des jeunes, en aucun cas une compilation de cours. Il réunit les preuves que ces éléments-là ont été appris, mémorisés, expérimentés et qu’ils sont utilisables dans la vie professionnelle. Tout ce qui entre dans la classeur est basé sur la discussion et l’échange avec les formateurs.

Chaque semaine l’élève doit porter un jugement sur son comportement, noté de 1 à 6. Ceci n’est pas une note mais une échelle. Cette appréciation est commentée et régulée en discussion avec le professeur. Chaque vendredi, 2 h sont consacrées à gérer le classeur, le compléter et le remplir. L’élève n’est pas laissé seul avec son classeur, il fait partie de l’enseignement qu’il reçoit.

En prenant comme exemple le classeur d’un apprenti première année, voici ce qu’il contient (voir en annexe le sommaire complet) :

1) Avant tout, le classeur réunit les fiches et documents administratifs prouvant que le propriétaire du classeur est bien en apprentissage.

2) Le premier intercalaire de couleur bleue est consacré à la reconnaissance et à la validation de compétences. Celle-ci a toujours lieu sous forme de courbe d’évaluation de 1 à 6 en Enseignement Général, Technique et en Education Physique et Sportive. Les courbes permettent aux élèves et à leur professeur d’évaluer et de juger de l’état d’acquisition des connaissances. Dans cet intercalaire bleu sont aussi cumulés le B2i (brevet informatique), l’ASSR (sécurité routière), le SST (secourisme), …

3) L’intercalaire vert concerne les documents propres au métier hors du lieu d’enseignement. Ce sont les expériences, les découvertes que l’apprenti fait en dehors des cours et de son lieu d’apprentissage, par exemple lors d’une visite ou d’un voyage personnels.

4) Sous la couleur jaune, on trouve les annexes, règlement intérieur, charte internet et informatique, charte de l’alternance.

5) Enfin l’intercalaire rose réunit les recommandations. Par exemple, pour un jeune en difficulté avec la langue française, un parcours de formation individualisé pourra être mis en place. C’est un diagnostic, un constat, un état des lieux, et non un jugement., Il permet la mise en place d’un cursus d’acquisition.

Ce classeur est la propriété de l’élève et servira de preuve de ses acquis pour lui, pour ses futurs employeurs mais aussi pour un futur cursus, s’il souhaite poursuivre ses études.

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2 réflexions au sujet de « « L’école devrait permettre à chacun de devenir autodidacte », Frédéric Aubreton, directeur CFA des 13 Vents, Tulle (19). »

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