«On essaie surtout de faire des bacheliers, n’oublions pas qu’il faut aussi mettre les mains dans la farine», Michel Mailhe, directeur de salle à La Chassagnette (Arles).

Aujourd’hui, Michel Mailhe, directeur de salle de La Chassagnette (Arles), nous explique comment le restaurant de la Chassagnette s’implique de manière volontaire dans la formation. De nombreux stagiaires et une implication en tant que CET (Conseiller dans l’Enseignement Technique), lui permettent de développer une relation étroite entre structure professionnelle et lieu d’enseignement.

 

«Dans notre démarche vis-à-vis des stagiaires et du milieu enseignant, il nous semble essentiel que les élèves voient d’abord le restaurant en vitesse de croisière, pour bien comprendre son fonctionnement. La période de Pâques, celle de juillet-août ou la fin de l’année sont particulièrement propices à l’accueil des jeunes, apprentis ou stagiaires.

Pendant sa première année de Bac, le jeune qui vient chez nous entre en stage de mai à fin juin. Nous le gardons ensuite comme commis, rémunéré en CDD, pour la période de juillet-août. A la rentrée, il débute sa deuxième année scolaire en stage, de nouveau chez nous.

Ainsi, son parcours est progressif : au début, il a le temps d’apprendre, puis il pourra connaitre la vraie vie d’employé de restaurant, avant de réintégrer l’enseignement par un nouveau stage pratique. Tout ceci se fait bien sûr en accord avec le corps enseignant. Le plus d’une telle organisation, c’est que nous pouvons partager avec des jeunes pendant six mois. Ils ont acquis une dextérité et une mémoire du geste qu’ils pourront restituer auprès de leurs futurs employeurs. Les jeunes que nous recevons sont en général des Bac Pro ou d’un niveau correspondant, salle et cuisine.

Ce que j’attends d’eux ? Qu’ils soient volontaires et qu’ils aient envie. Mais c’est la maison où ils découvrent le métier qui doit aussi leur donner cette envie. C’est fini, l’époque où un commis était dénigré. Mais pour mettre en place cette dynamique, il faut que les enseignants aient les coudées franches pour les préparer à intégrer l’entreprise.

Les stagiaires de la Chassagnette viennent de nombreuses écoles : à l’école Tsuji près de Lyon (école hôtelière Tsuji à Liergues dans le Rhône), nous recrutons un stagiaire cuisine de mai à juillet et un autre de septembre à janvier. L’école internationale des Philippines nous envoie également deux élèves cuisine par session de 5 mois, de juin à octobre. Nous prenons aussi des stagiaires dans de nombreuses écoles françaises : l’école nationale de Poligny, le lycée Perdiguier d’Arles, le lycée de Cavaillon, le lycée de Saint Jean du Gard, et des lycées privés comme le lycée Privat d’Arles et celui de Saint Gaudens.

L’enseignement, la formation, c’est important pour nous. Or, pour aider les jeunes dans leur formation, il faut leur permettre une plus grande relation entre le monde de l’enseignement et le monde professionnel. L’application stricto sensu du programme a ses limites, Il faut les pousser à prendre en compte la réalité du restaurant. Sincèrement, je crois qu’aujourd’hui, on essaie surtout de faire des bacheliers, n’oublions pas qu’il faut aussi mettre les mains dans la farine. La pratique du métier est essentielle. »

.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s