«Notre métier, c’est de débroussailler cette jungle de formations, de stages, de financements possibles, de contrats spécifiques», Christophe Ceyte, Mission Locale du Velay.

Christophe Ceyte est conseiller en insertion professionnelle et sociale à la Mission Locale du Velay en Haute-Loire. Nous l’avons rencontré lors du Carrefour des Métiers de la Région Auvergne et nous l’avons invité à nous présenter son travail et quelques solutions pour accéder à une formation et à l’emploi en hôtellerie-restauration.

 Mission Local, Christophe Cette

«J’ai un portefeuille de 150 jeunes à accompagner sur le bassin du Puy-en-Velay. Ils ont entre 16 et 25 ans. Ces jeunes ont des profils très différents : certains n’ont aucune qualification et/ou en échec scolaire total ; d’autres sont des jeunes très diplômés, qui se sont trompés dans leur orientation ou qui peinent à trouver un emploi avec leur qualification. Car c’est un fait, j’ai malheureusement des diplômés.

Par exemple, en ce moment, j’ai un jeune diplômé en architecture. Notre but, c’est les prendre par la main pour trouver une solution à leur problème «d’échec» ou tout au moins ce qui est perçu comme tel. Les solutions sont multiples : nous pouvons soit les orienter vers un possible emploi, en adéquation avec le marché du travail local, soit trouver avec eux une ré-orientation réalisable et réaliste. Ils sont souvent très attachés à leur territoire, parfois pour des questions de moyens, mais aussi très souvent pour des raisons affectives.

En ce moment, nous avons aussi des jeunes qui souhaitent arrêter l’école parce qu’ils ont 16 ans et un jour. Notre but est d’abord de trouver une solution pour qu’ils ne quittent pas le système scolaire et qu’ils acquièrent une qualification.

Nous sommes au cœur de tout le maillage de l’éducation et de l’orientation, de façon très pratique. Nous connaissons bien notre milieu local, les personnes qui en font partie, ce qui nous permet de faciliter les mises en relations entre ces jeunes, le milieu éducatif ou le milieu de l’emploi.

L’hôtellerie-restauration est un secteur qui recrute, et où il existe une forte proposition d’emploi, avec des carrières très évolutives. C’est aussi un secteur qui permet une forte mobilité avec des emplois dans toute la France, voire à l’étranger, ce qui, même si c’est en contradiction avec ce que je viens de dire, peut correspondre à certain jeunes. Si les jeunes le souhaitent, c’est un secteur de formation et professionnalisation où nous pouvons les guider, parce que nous sommes presque sûrs qu’ils trouveront un emploi.

Face à un jeune détenteur d’un diplôme professionnel, mon premier travail est d’échanger avec lui, pour bien comprendre quelles sont ses difficultés. Si, à terme, il souhaite être ré-orienté vers une autre formation, nous lui demandons de rencontrer des professionnels pour lui faire prendre conscience des difficultés propres au métier qu’il choisit. Avant de se lancer dans une nouvelle carrière, nous lui proposons notamment de découvrir le métier par des stages en entreprise. Ce sont les OVA (Orientation Vers l’Apprentissage, système particulier à la région Auvergne) qui servent à valider un projet avant d’entrer en apprentissage. Ces OVA amènent très souvent aussi à trouver un maître d’apprentissage pour un futur CAP. Il existe aussi le CIVIS (Contrat Insertion à la Vie Sociale) qui est un dispositif d’Etat réservé aux jeunes qui ne sont pas titulaires d’un diplôme équivalent à un Bac + 2. C’est un accompagnement plus soutenu, qui peut leur permettre d’accéder à des contrats aidés types CUICAE (Contrat Unique d’Insertion Contrat d’Accompagnement dans l’Emploi) pour le secteur non marchand (collectivité locale, association et fonction publique) avec obligation d’un volet formation. Quant au CUICIE (Contrat Unique d’Insertion Contrat Initiative Emploi), dispositif assez proche, il est réservé au secteur marchand. Pour ces accompagnements l’Etat prend en charge une partie du salaire du jeune embauché.

Vous voyez, c’est très compliqué : notre métier, c’est de débroussailler cette jungle de formations, de stages, de financements possibles, de contrats spécifiques pour permettre aux jeunes de raccrocher le fil de la formation ou de l’emploi. La solution, face à un questionnement d’orientation débouchant sur un travail, est de passer par un conseiller de la mission. Les missions locales sont organisées par bassin d’emploi mais sont aussi installées en milieu rural (souvent mis en place par les communautés de communes ou d’agglomération) pour aller au plus prêt des jeunes qui n’ont pas forcément les moyens de se déplacer.

Il suffit de taper « mission locale » et son département d’origine sur un moteur de recherche pour trouver la mission locale la plus proche.»

.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s