«Un apprenti ne veut être ni humilié, ni méprisé», Alain Pégouret, Le Laurent, Paris.

Dans notre dernier article, Alain Pégouret, chef de cuisine au restaurant Le Laurent , nous parlait du rôle de son maître d’apprentissage, monsieur Honoré Bouliquot, qui l’a aidé à construire sa passion de la cuisine. Aujourd’hui, nous lui avons demandé de nous parler de son propre rôle de maître d’apprentissage au Laurent.

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«Quand on a des jeunes en cuisine, la chose la plus importante est d’avant tout de les écouter. Il faut respecter nos apprentis et ne jamais oublier qu’ils sont attirés par la cuisine et qu’il faut que nous nourrissions cette passion.

J’ai un exemple : Chloé, qui vient d’arriver chez nous. Je l’ai trouvée hier, en train de pleurer sur la terrasse. Elle avait épluché des oignons toute la matinée et en était un peu dégoûtée. Je lui ai demandé de me faire la liste des recettes du Bac Pro qu’elle souhaitait travailler. Il y avait, je crois, un poulet chasseur, du merlan Colbert et une tarte fine. Eh bien, ce que j’ai à faire, moi, en tant que maître d’apprentissage, c’est de faire ces recettes avec elle.

En général, les jeunes que nous recevons dans nos maisons ont envie d’apprendre et c’est cela qu’il faut respecter. Il faut toujours expliquer aux apprentis pourquoi ils doivent faire telle ou telle tâche, à quoi elle va servir, surtout quand celle-ci est répétitive. Au Laurent, les apprentis, qu’ils soient en CAP, BEP, ou Bac, ne sont pas là pour remplacer un commis. Ils sont là pour apprendre. Je pense d’ailleurs que tous ceux qui sont venu ici ont eu leur examen.

Le plus dur à enseigner pour moi, c’est de faire comprendre aux jeunes apprentis qu’il indispensable d’être consciencieux et sérieux. Ces qualités ne s’inventent pas. Bien souvent, en arrivant en alternance, ceux qui réussissent possèdent déjà ces qualités. Il est important aussi pour un maître d‘apprentissage de se mettre à la place des jeunes qu’il accueille dans son entreprise, et bien comprendre qu’ils ne veulent être ni humiliés, ni méprisés. Ils besoin d’être aidés et accompagnés.»

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2 réflexions au sujet de « «Un apprenti ne veut être ni humilié, ni méprisé», Alain Pégouret, Le Laurent, Paris. »

  1. Ping : «Mon maître d’apprentissage a nourri, sans retenue, mon envie d’apprendre», Alain Pégouret, Le Laurent, Paris. | Vivre la restauration

  2. Nous travaillons en modules à plusieurs professeurs sur des groupes composés de classes différentes afin d’intéresser (d’essayer…) les élèves de CAP aux études avec des moyens nouveaux (emplois du temps adaptés, projets…). Suite à votre article pourquoi ne pas aller observer en entreprise ce qu’il s’y passe, en terme de formation, d’accompagnement des stagiaires ou recevoir au lycée les « tuteurs » pour affiner nos pratiques et préciser les attentes des uns et des autres ? Je suis prêt à tester cete formule en plus des journées où nous laissons nos partenaires se présenter, présenter leur métier et leurs établissements à nos élèves.  » Tout le monde savait que c’ était impossible … Il est venu un imbécile qui ne le savait pas et qui l’a fait.  » (Marcel Pagnol) « 

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