« Je tiens à dire que ma formation au CFA a été formidable », Catia Santos, Brevet Professionnel Restaurant service, CFA Les Treize Vents, Tulle (19).

Originaire d’Aveiro au nord du Portugal, Catia Santos est arrivée en 2009 au CFA de Tulle pour préparer un CAP de salle. Elle vient de finir sa deuxième année de Brevet Professionnel Restaurant.

Dans le cadre de notre rubrique « Témoignages d’apprentis », nous l’avons suivie pendant sa formation pour qu’elle nous fasse partager les moments importants de son parcours, tout au long de l’année scolaire. Nous la retrouvons aujourd’hui, juste après avoir passé son examen.

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« Lundi dernier, j’ai passé le dernier examen de mon Brevet Professionnel restaurant service, l’épreuve pratique. L’épreuve écrite, c’était la semaine dernière. Je crois que tout s’est parfaitement bien passé… normalement, c’est bon !

Nous étions trois à présenter le BP lors de la dernière session – c’est peu sur les 9 qui étaient présent au début des études. Je ne sais pas pourquoi il y a autant d’abandon, les gens partent certainement pour faire un autre métier, il y a toujours des erreurs d’orientation.

C’est que le boulot peut être dur, en partie à cause des horaires, car nous sommes décalés par rapport à nos amis et à notre famille, même si dans la maison où je travaille, l’ambiance est vraiment super. Ce sont des métiers où il faut s’adapter à ce décalage horaire. Tant que je n’ai pas d’enfants et de famille, ça va, mais il faudra peut être trouver le moyen de s’adapter ou de changer le jour venu.

Pourtant, je trouve qu’il ne faut pas exagérer, ces horaires ne sont pas un très grand sacrifice, surtout si, comme moi, on aime ce métier. Je l’aime certainement parce que nous avons un contact très intéressant avec la plupart des clients. Nous sommes les passeurs du travail réalisé dans le restaurant. Je suis toujours en train de découvrir des saveurs, des préparations, des plats et des vins ; mon travail, c’est transmettre tout cela de manière professionnelle et agréable.

Sur les trois filles qui ont passé l’examen, l’une vient de s’inscrire en CAP cuisine. Depuis le début, elle souhaitait connaître les deux côtés du restaurant. Quant à l’autre, elle va faire un autre travail pour l’hiver et reviendra certainement chez son maître de stage l’été prochain.

De mon côté, tout va très bien, je suis ravie, car la maison où j’ai fait mon stage, l’Hôtel Jean Teyssier à Uzerche, vient de m’engager en CDD comme chef de salle. J’espère ensuite pouvoir contracter un CDI. Nous faisons entre 25 et 30 couverts par jour avec des pointes en été jusqu’à 80 couverts.

Durant l’année, j’ai aussi fait un stage à au Moulin de la Gorce, côté de Limoges, et ça m’a vraiment plu. Peut-être qu’un jour, je chercherai à aller ailleurs, mais pour l’instant, je suis très bien ici. Je ne pense pas non plus retourner au Portugal, on verra ça plus tard. Aujourd’hui, je considère que je suis toujours en formation, j’apprends, et c’est une chance de travailler chez monsieur Laurent Benhayoun.

Je tiens à dire que ma formation a été formidable au CFA des 13 Vents. Les formateurs sont vraiment là pour nous, que ce soit pour nous apprendre les techniques comme pour nous accompagner. Si on est attiré par le service de restaurant, la voie du BP en CFA est parfaite.»

Depuis notre entretien, Catia a reçu la confirmation qu’elle était reçue à son examen. Toute l’équipe de Vivre la Restauration tenait à la féliciter pour cette réussite, et pour son enthousiasme dans l’apprentissage du métier de service.

A lire en complément : Les contributions de Catia Santos pendant son année de préparation au BP Restaurant :

– «Pour moi le maître d’apprentissage est essentiel», Catia Santos, 2eme année de BP Restaurant au CFA des 13 Vents (Tulle).
– «Diriger ma propre équipe», Catia Santos, deuxième année de Brevet Professionnel Restaurant au CFA les 13 Vents (Tulle)
– “ Le retour de l’art de flamber en salle ? Pourquoi pas.” Catia Santos, Brevet Professionnel Restaurant (Tulle).

A lire / A écouter

Nouvelle rubrique sur Vivre la Restauration, nous vous ferons partager chaque trimestre quelques découvertes de livres ou d’émissions radio, apportant un éclairage sur la pédagogie ou le monde de l’hôtellerie-restauration. Notre but est d’amener enseignants, élèves et professionnels à découvrir des réflexions offrant des perspectives nouvelles pour la formation en hôtellerie-restauration.

A écouter :

– Emission « La fabrique de l’histoire » du 8 janvier 2012.

UnknownSur France Culture, «La fabrique de l’histoire» par Emmanuel Laurentin, a consacré une série d’émissions à l’éducation. Le numéro 2 de cette série, le 8 janvier, 2012, avait pour thème l’éducation moderne de Célestin Freinet (documentaire de Séverine Liatard et Séverine Cassar). Pédagogue français de la première moitié du XX siècle Célestin Freinet a développé des stratégies d’éducation qui permettent aux élèves d’apprendre à apprendre : classe atelier, classe promenade et observation du milieu naturel, correspondance inter-scolaire, imprimerie et édition d’un journal, individualisation dans le travail et coopération dans l’apprentissage. Les enseignements de Célestins Freinet pouvant être une base de réflexion dans le cadre des pédagogies de la formation en alternance en hôtellerie-restauration, nous vous invitons à réécouter cette émission passionnante.

A lire :

– Innovation et Patrimoine Alimentaire en Espace Rural, Jacinthe Bessière (dir.), Editions Quae, 2012.

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Les notions d’innovation et de création sont souvent abordées dans la pratique de la cuisine de restaurant aujourd’hui. Jacinthe Bessière a dirigé un important travail de sociologie et d’ethnologie sur ces notions sur des territoires à forte identité alimentaire : l’Armagnac, Roquefort et l’Aubrac. En quoi ces stratégies d’innovation intègrent-elles la valorisation d’un patrimoine sans pour autant effacer l’ancrage de ces produits ou de ces recettes ?

«L’alimentation et les produits dits « de terroir » n’échappent pas à ce constat. Les productions alimentaires locales sont aujourd’hui des ressources pour l’avenir des territoires contribuant indéniablement à la vitalité du monde rural. L’auteure s’interroge sur la place et le rôle de l’innovation dans la valorisation des patrimoines alimentaires.» Pour l’éditeur cet ouvrage s’adresse aux étudiants et aux acteurs du développement local et rural.

Un article de Jacinthe Bessière et Laurence Tibère, «Innovation et Patrimoine alimentaire en Midi-Pyrénées», est également à lire dans la revue en ligne Anthropology of Food.

– Dictionnaire des Cultures Alimentaires, Jean-Pierre Poulain (dir.), PUF, coll. Quadrige, 2012.

9782130558750Un deuxième ouvrage indispensable pour replacer la cuisine et l’alimentation comme «fait social total» réunissant 230 articles où sont abordé des notions aussi diverses que : «Du don à la privation, de l’aide à l’arme alimentaire, de la malnutrition à l’engraissement, de la pensée sauvage à la rationalité industrielle, de la nutri-génétique à la nutri-génomique, de l’herbivore à la vache folle, du restaurant au fast-food, du besoin au rituel… manger, c’est dépendre d’une culture».

Vous pouvez également écouter Jean-Pierre Poulain présenter ce dictionnaire des cultures alimentaires, dans l’émission «On ne parle pas la bouche pleine» du 25/11/2012 sur France Culture.

«Pour moi le maître d’apprentissage est essentiel», Catia Santos, 2eme année de BP Restaurant au CFA des 13 Vents (Tulle).

Catia est originaire dAveiro au nord du Portugal. En 2009, elle est arrivée au CFA de Tulle pour faire un CAP de salle. Aujourd’hui, elle est en deuxième année de Brevet Professionnel Restaurant. Nous lui avons demandé pourquoi elle s’était expatriée pour faire cette formation.

« J’étais obligée de quitter le Portugal pour avoir une formation en alternance, à la fois pratique et théorique, car ça n’existe pas chez moi. Pourtant, toute ma vie est au Portugal, ce n’est pas tous les jours facile d’être loin de chez soi.

Au Portugal, je suis d’abord allée à l’université pour faire une Licence Pro de Gestion Hôtelière, mais là bas, l’université coûte assez cher ; je me suis donc orientée vers une formation en France. A 23 ans, c’est vrai que je fais partie des plus âgés au CFA.

Je crois qu’il faut toujours faire ce que l’on aime, pour pouvoir le faire tous les jours. J’aime bien le restaurant et l’hôtel : je ne sais pas encore exactement ce que je vais choisir. De même, je ne sais pas si le très haut de gamme de l’hôtellerie-restauration est vraiment ce que je recherche.

Pour moi, le maître d’apprentissage est essentiel, Le mien, par exemple, il est toujours présent quand je le sollicite ; il tente de répondre à toutes mes questions. »

«Nous entrons par le travail dans un monde d’adulte», Siméon Pellegrin, BP cuisine 2ème année (Tulle).

Siméon Pellegrin a 19 ans. Il vient de débuter sa deuxième année de Brevet Professionnel en cuisine au CFA des 13 Vents (Tulle). Originaire de Grenoble, il habite Limoges, où il fait sa formation en entreprise. Tous les mois, Siméon nous fera part de ses impressions et de son ressenti sur sa formation. Nous lui avons demandé pourquoi il faisait cette formation.

«Depuis que j’ai 5 ans, je veux faire de la cuisine. Je suis allé au lycée René Cassin à Tulle jusqu’en troisième. C’est au niveau de la seconde que j’ai décidé de venir ici au CFA des 13 Vents pour faire un CAP, dans le but d’intégrer le BP en cuisine. Pour moi, faire la cuisine, c’est avant tout donner du plaisir aux gens. Je dirai même que pour moi, c’est important de donner, plus important que recevoir.

J’ai d’abord travaillé à l’Auberge des Vieux Chênes, chez Monsieur Bouny, à Malemort-sur-Corrèze. Aujourd’hui, je suis aux Vanteaux, à Limoges. Mon but est simple, c’est grandir dans le métier que j’ai choisi, pour apprendre et m’épanouir. Je veux voyager, pour découvrir des techniques, des recettes et de nouveaux produits.

Le CAP nous permet d’apprendre les choses de la vie : nous avons un salaire, nous entrons par le travail dans un monde d’adulte et cela nous permet de nous rendre compte que ce n’est pas facile. Quand nous disons que le CFA nous permet de grandir, c’est aussi par rapport à nos clients, dans notre formation en alternance. Il nous faut vite apprendre à réagir et à gérer ce relationnel avec les clients.»

«Intégrer cette formation m’a fait grandir», Adeline Martin, 2ème année de CAP (Tulle).

Adeline Martin est une jeune fille de 16 ans qui est passée par une classe DIMA (Dispositif d’Initiation aux Métiers en Alternance) avant de suivre un CPA, c’est-à-dire un Cours Préparatoire à l’Apprentissage. Elle est aujourd’hui en deuxième année de CAP de salle au CFA des 13 Vents. Originaire de l’Oise, elle est venue s’installer à Bort-les-Orgues en Corrèze avec son père mais elle nous précise qu’elle aurait pu faire cette formation n’importe ou en France. Tous les mois, Adeline nous fera part de ses impressions et de son ressenti sur sa formation. Nous lui avons demandé en quoi la formation en alternance lui convenait mieux qu’une formation générale.

«L’école ne me plaisait pas, car on y est bien trop souvent assis, sans action et sans activité manuelle. Au CFA, ça bouge, en particulier parce que nous avons des Travaux Pratiques et qu’il n’y a pas que des cours généraux. Le métier de la salle me convient parfaitement, là aussi ça bouge, et puis, nous sommes en contact avec des clients.

Je suis chez mon maître d’apprentissage depuis le CPA.

Intégrer cette formation m’a fait grandir : je suis aujourd’hui beaucoup plus mature qu’en y entrant. Travailler, c’est ce qui permet cette maturité, bien plus que les cours où l’on reste assis.»