« J’ai pu me rendre me compte de la réalité du quotidien », Caroline Bourgeois, graphiste et pâtissière, Paris (2/2)

Dans notre dernier post, nous vous présentions le parcours de Caroline Bourgeois, associant une formation en graphisme et un CAP pâtisserie-restaurant pour mener un travail sur l’alimentation avec sa camarade de classe, Laura Doucène. Elle nous raconte aujourd’hui la suite de leurs aventures, après l’obtention de leur diplôme supérieur d’Arts Appliqués en graphisme.

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« Fin juin 2011, avec mon binôme, Laura, nous avons obtenu un bourse européenne pour partir travailler dans un pays européen. Nous avons choisi Berlin pour prolonger notre travail de la Goutte d’or dans un quartier similaire : Neükolln. C’est là que nous avons construit la « guinguette » version bien plus grande de notre première « dînette ». Nous avons passé trois mois à essayer de faire connaitre notre projet dans des galeries, des ateliers et auprès d’associations du quartier. Nous avons réalisé plein d’activités graphiques et comestibles, toujours avec un fort désir participatif. Ce que nous en tirions, c’est avant tout des contacts et des rencontres humaines. Des activités très enrichissantes, c’est comme cela que nous imaginions notre vie.

Suite à une de ces rencontres berlinoises, nous avons été invitées à participer à la « Sofia Design Week », organisée par une télévision bulgare. Nous avons été contacté pour participer et surtout pour travailler avec les enfants. Une nouvelle approche de notre travail puisque la communication se faisait jusque là avec le goût, mais sans mots. Je suis rentrée à Paris avec la guinguette mais sans Laura, qui a trouvé un amoureux à Berlin.

Aujourd’hui, je me dirige plutôt vers des postes de médiation culturelle, mais avec le sentiment que je n’ai pas abouti complètement mes projets d’alimentation et graphisme. Je me suis renseignée sur les formations autour de la cuisine et de la pâtisserie, pour apprendre à mieux maîtriser les techniques alimentaires. J’ai ainsi préparé un CAP de pâtisserie restaurant, que j’ai obtenu au début de l’été à l’école de boulangerie et de pâtisserie de Paris à Bercy. Une formation pour adultes pendant laquelle j’ai travaillé en restauration pendant six mois intensifs. Mon emploi du temps se répartissait entre 3 jours de pratique et 2 jours de théorie, avec 4 semaines de stage à la maison Julhés.

Face à la réalité du métier, j’ai pu me rendre compte de la réalité du quotidien de tous les jeunes qui choisissent ces métiers de la restauration, et de la dureté de ce travail. »

Depuis quelques mois, Caroline et Laura sont de nouveau réunies à Paris et il est possible de les suivre sur leur blog « Goute-moi ça ». Elles sont également présentes sur Pauletteforrêveurs, où elles présentent leurs activités : « Aujourd’hui nous organisons des ateliers graphiques et comestibles pour les enfants comme les adultes. Partie de morpion au guacamole sur pain indien pour la fête des voisins, masque de Super-héro en cuir de fruit, nous aimons relevé de nouveaux défis… toujours avec humour! Notre rêve c’est de développer « Goûte moi ça » ! Nous voulons nous installer dans un atelier pour pouvoir mieux travailler. (…) Nous voulons développer notre activité pour qu’elle assure à présent notre devenir professionnel.»

« Nous avions détourné nos outils graphiques pour les utiliser dans la nourriture», Caroline Bourgeois, graphiste et pâtissière, Paris (1/2)

Caroline Bourgeois est titulaire d’un Bac ES et s’est présentée au concours de l’école publique des arts appliqués Olivier de Serre pour obtenir un BTS Arts Appliqués. C’est dans le cadre des deux ans supplémentaires pour obtenir un diplôme supérieur d’Arts Appliqués en graphisme au sein de cette même école qu’elle a travaillé en binôme avec Laura Doucène, pour leur mémoire de fin d’études où la cuisine et l’alimentation sont devenues le support de leur travail. Caroline a également obtenu son CAP pâtisserie au début de l’été dernier. C’est pour ce parcours, pour le moins original, que nous l’avons rencontrée.

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«Avant de préparer notre mémoire, nous avions participé, avec Laura, au concours d’affiche organisé chaque année par le Café du Commerce. L’objet du concours était d’imaginer une affiche qui donne faim. Nous avons décidé de proposer une affiche qui se mange. Nous avons travaillé avec un boulanger-pâtissier de Champagne pour réfléchir avec lui et pour réaliser un support ressemblant à du papier, mais comestible. Nous avons trouvé une entreprise du sud de la France qui a bien voulu nous faire du pain azyme en grand format, 40 sur 60 centimètres. Nous avons pu ainsi imprimer nos affiches en sérigraphie avec du yaourt et du colorant alimentaire et les emballer sous vide, sous papier transparent. Nous avons gagné le concours.

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C’est après cela que nous avons mis en route notre projet de mémoire. Notre sujet s’ancrait dans une réalité, celle de la Goutte d’Or, un quartier populaire parisien. Nous avons tout d’abord mené une étude « sociologique » appelée «Goûte-moi ça», prolongée par un blog. Notre but étant de percevoir en quoi l’alimentation est un facteur social du vivre ensemble au sein d’un quartier réunissant des communautés d’origines culturelles diverses. Cela nous a pris à peu près un an, et nous avons failli baisser les bras de nombreuses fois. Il y avait une difficulté à être légitime pour comprendre et recueillir ce qui se passait dans le quartier. Notre projet était de mettre en valeur nos différences culinaires pour parler de la richesse culturelle du quartier, tout en menant à bien un projet graphique. Nous avons fini par décider de créer notre propre association «Goûte-moi ça». Nous avons construit une cuisine mobile, «la dinette» que nous avons baladée derrière notre vélo, dans tout le quartier. Nous voulions créer des moments conviviaux et participatifs pour pouvoir discuter des différences culturelles, de leur richesse et de la manière de vivre ensemble dans ce quartier. Nous avions détourné nos outils graphiques pour les utiliser dans la nourriture.

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Nous sommes parties d’une galette, d’un pain plat, général à toutes les cultures, Afrique sub-saharienne, Inde, Maghreb… Nous l’avons coloré pour qu’il ne soit pas reconnu visuellement. Nous avions imprimé «Bon appétit» dans différentes langues et des mamans du quartier ont préparé des sauces garnitures pour nos galettes. Nous invitions les gens du quartier à goûter et nous leur demandions de reconnaître ce qu’ils mangeaient, afin d’enclencher la discussion. Nous arrivions ainsi à créer un échange, à les questionner, les interroger sur leurs perceptions gustatives et culturelles, à provoquer des réactions. Nous avons aussi fait des ateliers avec les enfants, avec lesquels nous essayions de créer des expressions culinaires comme «tête de banane» ou «si tu t’ennuies, prends un kiwi»

Nous avons eu notre diplôme avec les félicitations du jury. Il faut signaler, que vis à vis de nos professeurs, la manière dont nous menions notre projet a été assez conflictuelle. Un de nos tuteurs a abandonné le projet, un autre nous a laissé faire. Un seul nous a vraiment aidé et poussé. C’était un projet qui n’avait rien de fictif mais bien ancré dans la réalité de ce qui pouvait assurer la suite de notre travail après le diplôme.»

 

A suivre : « J’ai pu me rendre compte de la réalité du quotidien », après leur diplôme, Caroline et Laura prolongent leur travail à Berlin. (2/2)

« Les jeunes sont inquiets pour leur avenir, ils veulent connaître le monde du travail », Stéphane Ferrari, chargé de l’option Découverte Professionnelle au Collège des Célestins (Vichy).

Stéphane Ferrari est professeur de Sciences de la Vie et de la Terre au collège des Célestins à Vichy. Chargé de l’option d’enseignement de DP3 en classe de troisième (matière optionnelle pour la Découverte Professionnelle, à raison de 3 heures par semaine) nous lui avons demandé en quoi consistait cette découverte du monde de l’entreprise.

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« Cette option existe depuis 8 ans. J’ai 24 élèves qui la suivent. Nous sommes normalement limités à 18 élèves mais comment refuser un élève qui a envie d’apprendre ?

Notre but, c’est de leur faire découvrir les métiers, les formations et le monde de l’entreprise. J’ai tous les profils d’élèves, des très bons ou mauvais élèves ; tous viennent pour se renseigner. Je les ai en cours le mardi. Grâce à la Chambre des Métiers et de l’Artisanat, j’invite régulièrement des professionnels (1).

J’emmène également mes élèves de DP3 à des manifestations comme le Carrefour des Métiers où je sais qu’ils pourront être en contact avec toutes les formations professionnelles, et surtout avec des jeunes qui suivent ces formations. Cette année, il y a aussi les Olympiades des Métiers (concours pour les jeunes qui ont suivi des formations professionnelles) qui se déroulent en même temps. C’est très valorisant de voir ces jeunes professionnels dans cette compétition.

Avec les élèves nous faisons aussi des visites d’entreprises sur notre bassin d’emploi, Vichy : les eaux de Vichy, les thermes, l’hôtel des Célestins, Ligier, Capryl, L’Oréal, le Centre Horticole, etc. L’objectif, c’est de développer leur curiosité et de favoriser les rencontres. Les collégiens font aussi trois stages en entreprise. C’est eux qui choisissent leurs entreprises où ils restent en observation pendant 3 jours. Nous ne cherchons pas seulement à répondre à leurs projets ; nous voulons surtout leur permettre de formuler leurs désirs. Pour cela, la meilleure solution est sans doute de les ouvrir au monde de l’entreprise en nourrissant leur curiosité.

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«Notre métier, c’est de débroussailler cette jungle de formations, de stages, de financements possibles, de contrats spécifiques», Christophe Ceyte, Mission Locale du Velay.

Christophe Ceyte est conseiller en insertion professionnelle et sociale à la Mission Locale du Velay en Haute-Loire. Nous l’avons rencontré lors du Carrefour des Métiers de la Région Auvergne et nous l’avons invité à nous présenter son travail et quelques solutions pour accéder à une formation et à l’emploi en hôtellerie-restauration.

 Mission Local, Christophe Cette

«J’ai un portefeuille de 150 jeunes à accompagner sur le bassin du Puy-en-Velay. Ils ont entre 16 et 25 ans. Ces jeunes ont des profils très différents : certains n’ont aucune qualification et/ou en échec scolaire total ; d’autres sont des jeunes très diplômés, qui se sont trompés dans leur orientation ou qui peinent à trouver un emploi avec leur qualification. Car c’est un fait, j’ai malheureusement des diplômés.

Par exemple, en ce moment, j’ai un jeune diplômé en architecture. Notre but, c’est les prendre par la main pour trouver une solution à leur problème «d’échec» ou tout au moins ce qui est perçu comme tel. Les solutions sont multiples : nous pouvons soit les orienter vers un possible emploi, en adéquation avec le marché du travail local, soit trouver avec eux une ré-orientation réalisable et réaliste. Ils sont souvent très attachés à leur territoire, parfois pour des questions de moyens, mais aussi très souvent pour des raisons affectives.

En ce moment, nous avons aussi des jeunes qui souhaitent arrêter l’école parce qu’ils ont 16 ans et un jour. Notre but est d’abord de trouver une solution pour qu’ils ne quittent pas le système scolaire et qu’ils acquièrent une qualification.

Nous sommes au cœur de tout le maillage de l’éducation et de l’orientation, de façon très pratique. Nous connaissons bien notre milieu local, les personnes qui en font partie, ce qui nous permet de faciliter les mises en relations entre ces jeunes, le milieu éducatif ou le milieu de l’emploi.

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Un service avec François Potel, pass-boy au Relais Plaza [vidéo]

Aujourd’hui, François Potel est « pass-boy » au  Relais Plaza : c’est lui qui assure le relais entre la cuisine et la salle, gérant les demandes particulières, du plat à garder au chaud pendant qu’un client téléphone, à la présence à telle ou telle table d’une personnalité, en passant par le retour d’une assiette commandée sans ail, etc.

C’est Werner Kuchler, directeur du restaurant le Relais Plaza, qui a mis en place cette fonction particulière de « pass-boy », occupée à tour de rôle par une personne de l’équipe de salle. Une solution pour répondre à toutes les demandes particulières des clients et permettre à la brigade de cuisine d’être en prise directe avec elles. Une manière aussi de valoriser le travail de salle où chaque détail fait la réputation d’un établissement.

Nous avons filmé François Potel assurant son rôle d’interface entre la cuisine et la salle :

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