«En alternance, il faut tout faire pour être assidu en cours», Johanna Rosich, Serveuse en alternance, 114 Faubourg, Paris (3/3).

Lors de nos précédents entretiens, Johanna Rosich nous a expliqué comment, avec l’aide de son professeur de restaurant, elle s’était intéressée au métier de la salle, en particulier en s’inscrivant à la Coupe Georges Baptiste. Aujourd’hui elle nous donne ses premières impressions sur son nouveau lieu de travail, la brasserie de l’hôtel Bristol, à Paris.

 johanna

«Je suis maintenant en BTS, pour deux ans, toujours à Béziers, et donc en alternance à Paris, et je fais l’aller-retour toutes les deux semaines. Je suis commis en salle depuis début septembre au 114 faubourg, la brasserie de luxe de l’hôtel Bristol à Paris.

Tout le monde est prévenant envers moi, j’ai vraiment été très bien accueillie. Chaque personne du service est venu se présenter et l’on me guide dans ce nouveau travail.

Le rythme est un peu comme chez Petit Pierre, où j’étais avant en stage : c’est rapide, dense, tout en étant de qualité. C’est encore plus rigoureux que chez Fanny Augé, ma maître de stage à Béziers. Il faut être impeccable et nos problèmes restent à la maison.

Ça, c’est une caractéristique de notre métier : il faut oublier sa vie de l’extérieur et être entièrement concentré sur son travail. Pour une raison très simple, les clients sont là pour prendre du plaisir et nous, nous sommes là pour leur apporter de la joie et du bien-être.

J’ai un fort accent du midi et je pense que c’est un atout, que ce sera toujours un atout ! C’est mon côté naturel, et comme je rentre à Béziers assez souvent, je ne risque pas de le perdre…

Je ne sais pas si après cette nouvelle étape, le BTS, je continuerai en Licence. J’ai bien sûr une autre option que la poursuite des études, c’est voyager, profiter des opportunités que peut me donner mon métier pour travailler à l’étranger.

Pour ceux et celles qui font des études en alternance, j’aimerais leur dire qu’il faut s’accrocher, car il n’est pas toujours facile d’enchaîner les cours et le travail en entreprise. Si en général nous sommes tous attirés par le travail au restaurant, il faut tout faire pour être assidu en cours et pour donner le meilleur de soi. Les professeurs sont là pour étayer ce qu’il faut nous savoir de notre métier.»

«Participer à Top Chef m’a beaucoup appris», Pierre Augé, La maison de Petit Pierre, Béziers (4/4).

Cuisinier à la tête de la Maison de Petit Pierre à Béziers, Pierre Augé a remporté la finale 2014 de l’émission de télévision Top Chef. Pour clore la série d’entretiens que nous lui avons consacré, nous l’avons interrogé sur sa participation à l’émission d’M6.

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« J’ai été repéré par M6 grâce au carnet de route d’Omnivore, celui de 2008 je crois. Une personne du casting m’a téléphoné, et je me suis dit : « pourquoi pas ?». C’était l’aspect concours, challenge, qui m’intéressait. Mais, malgré tout, j’ai tenu à rester ce que je suis, normal et méridional.

A mon avis, le vrai problème de la télévision, c’est que ceux qui veulent en faire le font pour de mauvaises raisons : plaire aux filles ou booster leur restaurant ! Les candidats ne prennent assez pas ces émissions comme un concours, comme n’importe quel concours de cuisine, où il faut se surpasser et être capable de mener à bien ce que vous avez en tête.

Ces émissions peuvent aussi être prises comme des compléments de formations. Top Chef a été pour moi une occasion de savoir comment ma cuisine pouvait être acceptée et jugée par des chefs reconnus. J’ai vraiment pris ça comme un challenge de cuisinier.

A posteriori, je suis persuadé que cette émission m’a fait grandir. J’étais jeune patron et je me cherchais encore un peu quand j’ai commencé dans mon restaurant. Je trouvais que je n’allais pas très loin, je me disais qu’il fallait que je change certaines choses. J’ai complètement modifié mon comportement, j’ai appris à travailler sur moi, pour m’apaiser et pouvoir produire le meilleur. De ce point de vue, participer à Top Chef m’a beaucoup appris. Je crois que cela m’a permis de boucler mon parcours, en quelque sorte.

Aujourd’hui, ce qui m’agace le plus, c’est quand je suis en public avec un grand chef honoré de trois étoiles : c’est moi qui suis photographié, le « petit con» qui est passé à la télévision, plutôt que le chef trois macarons. Ce n’est pas bien, pas conforme à la réalité des choses.

Enfin, le danger de la télévision, c’est qu’elle va trop vite. Mais elle est un tel vecteur d’image et de notoriété qu’il faudrait pouvoir l’utiliser sans se faire utiliser. Et là, la cuisine sera gagnante.»

 A lire en complément :

A suivre :  

– «Dès qu’on apprend, on ne peut pas faire de marche arrière ; c’est comme un bateau, qui ne peut aller que de l’avant», Pierre Augé nous raconte son parcours (1/4).

– «Tous mes postes m’ont apporté quelque chose, humainement ou professionnellement.», Pierre Augé revient sur les rencontres qui l’ont le plus marqué (2/4).

–  «Si mon entreprise gagne plus d’argent, tout le monde doit pouvoir en profiter », Pierre Augé nous fait partager son regard sur la formation (3/4).

– «Participer à Top Chef m’a beaucoup appris », Pierre Augé nous parle de son expérience télévisée (4/4).