« Il faut une stratégie globale pour booster le secteur de l’hôtellerie-restauration» bilan de Régis Marcon, fondateur du Comité France Formation (6).

Dans nos derniers articles, Vivre la Restauration vous proposait une série d’entretiens avec Régis Marcon, et les premiers éléments du bilan de l’expérience qu’il a acquise ces dernières années dans le cadre du Comité France Formation et de la Mission Marcon menée depuis 2009.

Aujourd’hui, Régis Marcon nous livre sa vision sur l’avenir du tourisme en France.

Img_Marcon Régis - Photo - © Laurence Barruel

« Je crois qu’il est important de tirer le signal d’alarme car pour la première fois, notre positionnement baisse en termes de compétitivité touristique. L’offre d’accueil française doit être boostée pour améliorer son image, sa compétitivité.

Comment ? Par une stratégie globale engageant la plupart des acteurs à la fois publics et privés concernant le secteur de la formation et de l’emploi.

Donner envie, donner confiance, donner l’exemple : les trois directives que je préconise dans le livre blanc ; améliorer le processus de recrutement, faire en sorte que les mécanismes de formation en alternance deviennent plus simples et plus fluides entre les entreprises, les centres de formation et les organismes publics et professionnels fournisseurs de moyens financiers. Notre secteur est créateur d’emploi et pourrait donner une réelle chance à des jeunes.

Faire réellement du tourisme une cause nationale, c’est je pense le but de mon rapport.

Ce secteur n’est pas délocalisable ! La France a la chance de posséder un patrimoine fantastique, qui attire le monde entier. Notre tourisme doit être considéré comme une opportunité pour l’avenir de notre pays.

La tâche est importante, il ne faut pas attendre de l’Etat un remède miracle, c’est un peu le message que je voudrais faire passer. Une grande part de l’attractivité de nos formations dépandra de la profession elle-même, si elle sait se réunir sur un objectif commun en parlant d’une même voix.

Reste à savoir si les groupements patronaux sont désireux de travailler ensemble pour perpétuer le travail entrepris. »

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A lire en complément : 

– Quatre ans d’existence pour le Comité France Formation. Entretien avec son fondateur, Régis Marcon (1)

– « L’enseignement professionnel en France est l’un des meilleurs au monde », le bilan Régis Marcon, fondateur du Comité France Formation (2).

– « Il faut oser un autre système d’alternance en hôtellerie-restauration », le bilan de Régis Marcon, fondateur du Comité France Formation (3).

– « Le permis de former montre l’engagement d’une profession », le bilan de Régis Marcon, fondateur du Comité France Formation (4).

– « Il est nécessaire de soutenir le secteur de la restauration », le bilan de Régis Marcon, fondateur du Comité France Formation (5).

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RDV le 15 avril 2013 pour les Assises de l’Alternance de l’Hôtellerie Restauration : inscription et programme en ligne !

invitation assises VLR

Je veux participer aux Assises et m’inscris gratuitement en ligne !

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En quoi consiste le Permis de Former ? Réponses concrètes de Gregory Hulin, responsable emploi et formation au Synhorcat

Initiative inscrite dans le prolongement de la mission Marcon, le Permis de former est une formation commune et unique des tuteurs et maîtres d’apprentissage appelés à guider des jeunes en alternance pour tous les diplômes (du CAP au Master) et certificats (CQP). Gregory Hulin, responsable emploi et formation au Synhorcat, nous présente les modalités concrètes de sa mise en place :

« Le Permis de former est une formation qui se déroule en deux temps. Pour commencer, un module de 14 heures, obligatoire pour les professionnels qui accueillent pour la première fois un jeune dans leur structure ainsi que pour tous les professionnels qui n’ont pas accueilli de jeune en alternance depuis 5 ans.

Ce premier module  consiste :
– à préparer les professionnels à l’accueil des jeunes,
– les informer sur les contenus théoriques des formations concernées,
– leur donner des clés pour accompagner un alternant au sein de l’entreprise tout au long de la durée du contrat, et optimiser la transmission des compétences au sein de l’entreprise,
– les aider à évaluer les acquis professionnels de l’apprenant au sein de l’entreprise,
– enfin, leur donner le cadre juridique de l’alternance, tant du point de vue du professionnel que de l’alternant.

Le but est d’améliorer l’accueil dans les entreprises, d’insister sur la construction de parcours professionnels possibles pour tous nouveaux diplômés/certifiés, sans oublier de créer un cercle vertueux entre enseignants, formateurs, alternants et professionnels pour permettre la progression des carrières dans l’hôtellerie restauration. Bien sûr, l’amélioration de l’image du travail dans le secteur de l’hôtellerie-restauration préside à la mise en place du Permis de former.

Pour les titulaires du Permis de former, un second volet de cette formation aura lieu tous les trois ans, sous forme d’une demi-journée à considérer comme une mise à jour : à la fois un rappel des grandes lignes de l’accueil et de l’accompagnement de l’alternant mais aussi une actualisation juridique, pédagogique, et sociale de la formation en alternance.

L’avenant à la convention collective hôtel-café-restaurant concernant le Permis de former a été signé par la majorité des organisations professionnelles le 10 janvier 2013. Il entrera en application et sera donc obligatoire pour tous les futurs professionnels de la branche le jour de sa publication au journal officiel (ndlr : d’ici l’été).

Par la mise en place de ce Permis de former, soutenu par les organisations professionnelles, ce qui est en jeu, c’est bien l’indispensable revalorisation de l’image du secteur de l’hôtellerie-restauration, pouvant offrir des carrières et des parcours professionnels pérennes dans l’ensemble de la branche. »

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ANNEXES

– Avenant n°17 à la convention collective nationale des hôtels, café, restaurant – Obligation de formation des tuteurs et maîtres de stage : permis de former (PDF).
– Avenant n°17 à la convention collective nationale des hôtels, café, restaurant – Cahier des charges du Permis de Former (PDF).

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Comment améliorer l’image et la formation des métiers de la salle? Premières Assises des Métiers de la Salle

Il existe aujourd’hui de réelles difficultés de recrutement des professionnels de la salle, auxquelles il est indispensable de trouver des solutions. Si les métiers de la cuisine sont actuellement sur-médiatisés, ceux du service sont souvent laissés pour compte, oubliés ou dévalués : comment améliorer l’image, la communication et la formation des métiers de la salle ? Telle était la question centrale posée par les premières Assises des Métiers du Service en Salle, qui se sont tenues le 23 Janvier 2012 .

Trois cents personnes avaient répondu à l’appel de Régis Marcon, pour se retrouver à la CCI Paris. A l’issue d’une réunion plénière, les participants se sont partagés en trois groupes « ateliers débats ». Les discussions ont porté sur la communication et la formation d’un public cible : les jeunes, les professeurs et les professionnels. (Cliquer ici pour télécharger le programme des Assises et les pistes de réflexion à l’ordre du jour).


Denis Courtiade et Christophe Pham Van aux Assises des Métiers de la Salle.

Au cours de ces Assises, les professeurs ont parlé avec passion de leur métier et ont exposé les difficultés auxquelles ils sont confrontés. A l’heure où s’engagent des réformes comme celle du bac professionnel, il est plus que jamais nécessaire de mettre en adéquation les formations et les attentes du monde du travail. Ceci constitue un véritable défi pour les enseignants, qui sont à la fois les gardiens du savoir-faire à la française et des passeurs ouverts sur la profession. A eux d’adapter les nouveaux référentiels et de dynamiser les formations.

Le fil des débats, nombreux et animés, a permis d’établir le constat suivant : partout en France, dans les CFA, les lycées, il existe des enseignants motivés, multipliant les initiatives pour améliorer les savoir-faire, les savoir-être, et l’interdisciplinarité (cours de théâtre, ateliers de langue, utilisation d’outils vidéo, etc.). Le problème n’est donc pas là, mais bien plutôt dans la médiatisation insuffisante de leurs actions. Pour quelles raisons ? Lire la suite

« Il s’agit de promouvoir les formations en apprentissage » – Rencontre avec Helder Cardoso, développeur d’apprentissage

En dix ans, le nombre de développeurs d’apprentissage n’a cessé d’augmenter dans les CFA. En quoi consiste leur rôle ? Helder Cardoso, développeur d’apprentissage au CFA Trajectoire (Yvelines), a répondu à nos questions sur son métier.

Quelle est la fonction d’un développeur d’apprentissage ?
Promouvoir les formations en apprentissage et, dans mon cas, plus particulièrement, les formations en hôtellerie restauration. Il s’agit aussi d’informer les jeunes et les familles sur les différentes facettes de l’apprentissage. Les développeurs d’apprentissage sont présents dans les salons, nous nous occupons du recrutement des jeunes, nous participons aussi aux sélections des jeunes dans les formations puis nous les aidons dans le choix de leur entreprise. Généralement, nous essayons de placer les jeunes en fonction de leur profil puis nous les accompagnons à la signature du contrat. Dans tous les cas, nous essayons d’avoir un rendez-vous avec le jeune avant la signature du contrat.
Dans 80% des cas, c’est nous qui trouvons l’entreprise. Nous demandons aussi aux jeunes de faire des démarches de leur côté et de nous informer dès qu’ils ont un contact avec un employeur, dans le but de vérifier si l’entreprise est formatrice ou pas (en phase avec le référentiel métier, le programme du diplôme).
Nous visitons régulièrement les entreprises. Nous essayons de respecter la loi passée en 2004 et nous nous engageons à faire 2 à 3 visites par an. Comme beaucoup de développeurs, je m’occupe également de la collecte de la taxe d’apprentissage. Cette dernière permet de financer de nouveaux matériels, de développer des formations et d’ouvrir de nouvelles sections et UFA.
Au CFA Trajectoire, le poste existe depuis deux ans. Depuis quelques années, beaucoup de postes ont été créés dans la région. Pour donner des chiffres, il y a 10 ans en Île-de-France, il y avait 10 développeurs, il y en a 115 aujourd’hui. Ces postes sont subventionnés par la région Ile-de-France.

Un de vos objectifs est de limiter les ruptures de contrats. Comment vous y
prenez-vous ?

Par exemple, nous avons mis en place des heures de vie de classe dans chaque UFA. En début de quinzaine, quand les jeunes reviennent de l’entreprise, on prend le temps de les accueillir pendant 1h, pour faire le bilan du vécu en entreprise. C’est l’occasion de parler du contrat de travail, de répondre aux questions juridiques (les fiches de paie…), de récupérer les livrets d’apprentissage, c’est un moment d’échange. Nous faisons la même chose en fin de quinzaine de formation. C’est quelque chose que nous avons lancé cette année sur chaque antenne et nous nous sommes aperçus qu’il y avait une meilleure assiduité chez les jeunes. Ils se sentent accueillis.
Toujours pour aller dans le même sens, cette année nous réfléchissons aussi à mettre en place un dispositif d’accueil pour les jeunes de 3e sous forme de stage de 3 à 5 jours au sein du CFA. Ce stage serait composé d’une journée d’information sur l’apprentissage, de techniques de recherche d’emploi, d’une découverte en atelier cuisine ou restaurant et d’un ou deux jours en entreprise pour leur faire découvrir nos métiers. Nous avons beaucoup de demandes de la part de jeunes que nous rencontrons dans les salons et cela pourrait rentrer dans le cadre du stage de 3e.

Vous avez mis en place des passerelles pour aider les jeunes à se réorienter dans les métiers de la restauration. Pouvez-vous nous en dire plus ?
En effet, sur plusieurs antennes du CFA Trajectoire, nous avons mis en place des formations dites ‘passerelles’. Sur le site de Brunoy, par exemple, la Passerelle courte permet à un jeune qui n’a pas encore d’entreprise de poursuivre ses cours. Nous avons créé cela en collaboration avec la région Île-de-France. Le jeune vient au CFA quand les autres jeunes sont en formation en entreprise et nous l’aidons à trouver un employeur.
À Guyancourt, nous avons mis en place une Passerelle universitaire pour ceux qui sont à l’université, en première ou deuxième année, qui voudraient se réorienter. Ce sont souvent des jeunes qui ont pris goût à la restauration en faisant des petits jobs dans ce secteur le week-end. Nous leur proposons cette formation passerelle de 3 mois, d’avril à juin. Dans l’ensemble, c’est assez positif puisque souvent ça aboutit à la signature d’un contrat d’apprentissage en vue d’obtenir un BTS. L’année dernière, sur les 24 jeunes, 11 sont rentrés en BTS.

http://www.cfa-trajectoire-hotellerie.ac-versailles.fr/